Pourquoi certains gouvernements continuent-ils l’exploitation du nucléaire malgré les dégâts sanitaires et environnementaux qu’elle entraine ? Comment des intérêts privés parviennent-ils à confisquer la démocratie et à bafouer les droits humains ? Quelles solutions existe-t-il pour contrer la prolifération nucléaire ? Pour tenter de répondre à ces questions, ateliers, débats, concerts, animations, formations aux actions de désobéissance civique et commémorations des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki ont eu lieu durant toute la semaine.

D’Allemagne, de Belgique, du Canada, des États-Unis, de France, d’Espagne, d’Inde, du Japon, de Navajo (une nation indigène de l’Île Tortue), de Norvège, des Pays-Bas, d’Irlande, du Pérou, du Portugal, de Russie, de Turquie et du Vietnam, cette année, des travailleurs du nucléaire, des militants de Bure et d’ailleurs ainsi que des membres de la société civile sont venu.es partager leur expérience et informer sur le nucléaire dans leur pays, à l’occasion de workshops multi-langues. Et tous partagent un diagnostic commun : de la mine aux déchets, du Nord au Sud, l’exploitation de l’énergie nucléaire est dangereuse, polluante, trop coûteuse, antidémocratique et ne représente pas une solution au changement climatique.

Cette émulation internationale a dressé un panorama inquiétant des méthodes violentes de l’industrie et du lobby nucléaire à travers le monde. En même temps, ce rassemblement donne un incroyable élan d’espoir : partout, des citoyens courageux se dressent contre des projets inutiles et imposés en même temps qu’ils promeuvent la transition énergétique écologique. Ces quatre jours ont permis d’échanger des savoirs et des stratégies pour résister à l’oppression et aux crimes du nucléaire.

Michiko Yoshii, professeure à l’université d’Okinawa, présente son atelier intitulé « Comment avons-nous réussi à stopper le projet nucléaire vietnamien ? » : « J’étais très heureuse de pouvoir partager mon expérience avec un public international et de pouvoir donner un souffle d’optimisme à la lutte internationale contre le nucléaire. » Hervé Loquais, organisateur de l’événement, se félicite de la réussite du rassemblement : « Je suis fier d’accueillir ces militants courageux venus du monde entier dans une atmosphère paisible et amicale. » Leona Morgan, militante américaine indigène et activiste en lutte contre le colonialisme nucléaire, résume : « C’est primordial de travailler ensemble, au-delà des cultures, des langues et des frontières, pour faire d’un monde dénucléarisé une réalité. »

Le jeudi 9 août, des participant.es du camp ont posé en faisant un geste de la main, celui de la lutte antinucléaire australienne. Par ce geste symbolique ils - elles exprimaient leur soutien à l’action Walking for country - Walkatjurra Walkabout, qui avait lieu au même moment en Australie.