Ces deux usines qui contribuent au fonctionnement de centrales nucléaires dans le monde entier ont malgré la « sortie du nucléaire » une autorisation de fonctionnement sans illimitée dans le temps.

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Photo: aaa-West

A Gronau, les militantEs sont arrivéEs au petit matin avec deux tripodes de six mètres de haut pour bloquer l'entrée principale de l'usine d'enrichissement. La police sur place avec une voiture à l'arrivée des manifestantEs n'est pas intervenue et s'est contenté de faire la circulation : les travailleurs de l'usine ont été renvoyés sur l'entrée secondaire de l'autre côté, entrée aussi appelée accès pompiers, bien qu'un gros camions ne puisse pas passer par ce passage étroit et envahi par la végétation.

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J'ai reçu un appel au secours alors que j'étais en train de m'installer confortablement sur mon tripode : »La police à interpellé deux personnes et on n'est que 4 à bloquer l'entrée secondaire ! » Sur ce, le groupe de musique Samba s'est mis en route pour porter main forte de l'autre côté. Peu après, la police a tenté de prendre contacte avec les manifestantEs sur leur tripod pour les convaincre de laisser passer les travailleurs-ses qui veulent quitter l'usine avec leurs voitures, les deux entrée étant bloquées par des manifestantEs assis, dansant et grimpant. URENCO, la firme qui exploite l'usine, a été plus rapide à prendre une décision : Elle a commandé des taxis avec beaucoup de places assises pour ses employéEs, qui ont donc quitté l'usine en laissant leur voiture sur place. Les livraisons par camions « urgentes » ont elles, dû revenir le lendemain. Malgré les 40 degrés en plein soleil le blocage a tenu jusqu'au soir.

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Une demande au parlement de Westphalie du nord a permis récemment d'obtenir des informations sur les transports de matières radioactives qui ont eu lieu depuis et vers l'usine de Gronau ces dernières années. Il y a de nombreux transports entre la France et l'Allemagne, essentiellement pas camion – mais aussi par train. Lors du petit camp antinucléaire « clandestin » de l'année dernière - c'était plutôt une rencontre entre amis, nous n'avions pas mobilisé ouvertement, mais la police avait quand même l'info – nous avons bloqué un de ces trains transportant de l'uranium vers la France (Pierrelatte). J'étais perchée dans des arbres avec trois autres personnes et juste avant, vers midi deux personnes avait trouvé un tube sous les rails et s´y étaient fixées... le train avait dans un premier temps fait demi tour et pris plus tard une autre route, l'évacuation des arbres n'étant pas terminée en fin d'après midi. Le 20 aout prochain aura lieu un procès contre les deux militantEs qui se sont enchainéEs aux rails, on leur reproche une perturbation d'entreprise de service publique (Tract en français ).

La police a à plusieurs reprises, tenté de savoir ce que préparaient les militantEs lors des journées d'action annoncées sur le site internet du camp. Les policiers-ères , qu'ils/elles soient en civil ou en uniforme avaient cependant souvent droit à un accueil qui n'était pas de leur gout. CertainEs militantEs voulaient mettre ce qu'ils/elles avaient appris dans l'atelier « blocage » en pratique, d'autres voulaient danser autour le la voiture. Et puis du fait que j'ai porté plainte contre l'observation permanente du camp de l'année dernière, la police se voulait cette fois-ci plus discrète et ne se garait pas directement devant l'entrée... Quant à Heiner Konert, l'agriculteur qui recevait le camp sur son terrain, il n'était pas du genre à vendre la mèche – même si dans le village tout le monde se connait et un policier est allé à l'école avec lui. Au contraire, Heiner est un antinucléaire convaincu qui s'est lancé très tôt – du temps ou l'on se moquait des écolos qui voulaient faire de l'énergie avec du vent - dans les énergies renouvelables et gère plusieurs éoliennes dans la région.

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photo: aaa-West (Heiner et Dette Konert sur la photo)
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Pour semer le trouble, un militant a déclaré 4 actions "vigile" à 4 endroits différents dans un rayon de 50km autour du camp pour la seconde journée d'action le 25 juillet : à Gronau devant l'usine d'enrichissement d'uranium, à Ahaus devant le site d'entreposage des déchets nucléaires hautement radioactifs, à Lingen en centre-ville (à Lingen il y a l'usine de combustible nucléaire d'AREVA et une centrale nucléaire en fonctionnement de RWE ) ainsi qu'en ville à Metelen. La police a tout de suite réclamé une « discussion de coopération », mais il y avait sur le camp bien plus intéressant à faire... La police su dès le lendemain matin très tôt où trouver les militantEs : une cinquantaine de manifestantEs bloquaient dès 5h30 du matin l'unique route d'accès à l'usine de combustible AREVA de Lingen en Basse-Saxe. Entre cette usine et la France - et le monde entier - il y a aussi beaucoup de transports nucléaires.

J'ai suivi les évènements à distance, car j'était ce jour-là membre de l'équipe d'aide juridique, qui aide les manifestantEs arrêtéEs par la police. Nous savions qu'à Gronau, la firme URENCO veut faire le moins de vagues possible et ne souhaite en cas de manifestation pas l'intervention de la police, pour ne pas livrer aux médias les images négatives pour l'entreprise, d'une évacuation de militantEs pacifiques. AREVA à l'inverse ne supporte pas la présence de manifestantEs et exige rapidement l'intervention de la police. Il était connu, que les 9 militantEs qui ont en octobre 2012 bloqué l'usine par un blocage assis et dans les aires (Cordes d'escalade tendues au dessus de la route) ont été délogés par la police et son unité spéciale antiterroriste « SEK ». Le procureur accuse maintenant les 9 militantEs – dont je fais partie – de « coercition collective », le procès devrait avoir lieu dans les mois prochains.

Ce 25 juillet, ce n'était pas neuf personnes qui manifestaient, mais une cinquantaine. La police à dégagé à parti de 11h du matin aus ordres de AREVA les personnes avec plus ou moins de violence une à une de la route. Les militantEs ont été ensuite encerclés sur le côté puis embarqués un à un au poste de police. L'unité de police SEK est intervenue à la fin pour arrêter les grimpeurs dans les cordes au-dessus de la route. L'équipe juridique avait du travail, la police ne voulait pas libérer les moins de 18 ans sans avoir appelé les parents, deux militantes du blocage assis ont été blessées (dont une fracture du doigt importante, avec endommagement des tendons) lors de l'intervention de la police, qui une fois les caméras moins présentes, est devenue plus violente. Au poste de police, les agents était dépassés par le nombre, si bien que la saisie du matériel d'escalade des grimpeurs a pu être empêchée par des militantEs bien décidées... Vers 16h30 toutEs les militantEs étaient libres.

Les participantEs du camp ont tiré un bilan très positif : les actions et le camp lui même ont trouvé un écho très positif au près de la population et dans les médias locaux. Beaucoup d'habitantEs des environs étaient présents à la fête de clôture du camp.

Une chose est certaine : AREVA et URENCO n'ont pas vu les militantEs pour la dernière fois! "Wir kommen wieder!" -  "Nous reviendrons!"

Ecureuille

(1) Film "Plogoff der pierres contre des fusils" de nicole le garrec, 90min

Photos: Pay Numrich und Visual Rebellion - ainsi que aaa-West qd c'est écrit en dessous.

Galerie photos de aaa-West sur l'action à Gronau