Communiqué jeudi 7 juillet 2016 des opposant-e-s locaux et nationaux à l'enfouissement des déchets nucléaires

Cigéo/BURE (55) : les forces publiques comme seule réponse

Malgré les expulsions, le mot d'ordre circule déjà : on reviendra !


Des gardes mobiles ont délogé aujourd'hui les militants qui occupent la forêt de Mandres-en-Barrois.
Le projet de méga-poubelle nucléaire montre son vrai visage : annexion illégale de terres, début de travaux sans autorisation et abus de la force publique envers les opposant-e-s.

Ce jeudi 7 juillet à 6h du matin, de nombreuses forces mobiles ont délogé sans réelle sommation les occupant-es de la Forêt de Mandres-en-Barrois. Ceux-ci y campent depuis le 19 juin 2016, pour dénoncer des travaux de défrichement illégaux menés par l'Andra et le début de l'implantation sans autorisation du centre de stockage souterrain de déchets nucléaires Cigéo.
Une répression sourde et aveugle est la seule réponse apportée à une opposition légitime et fondée, qui dure depuis plus de 20 ans en Lorraine-Champagne-Ardenne.

Cette expulsion intervient alors qu'une demande de suspension de l'ordonnance d'expulsion a été déposée par les opposants et reportée hier au 13 juillet par le tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc, à la demande même de l'ANDRA !


Plusieurs autres recours (entre-autres contre la délibération communale et contre l'arrêté préfectoral de distraction du régime forestier : 2 décisions ayant permis l' acquisition du bois de Mandres par l'ANDRA) sont également en attente de jugement.
Le Préfet s'étant déclaré indisponible en urgence sur cette question pourtant d'intérêt majeur, une délégation de 3 personnes avait pourtant rencontré mardi la directrice de cabinet du Préfet, afin d'expliquer les motifs de l'occupation et leur légitimité, les recours juridiques en instance et pour demander, en conséquence, l'annulation de l'ordonnance d'expulsion.

A quelques jours du passage à la va-vite au Parlement de la Loi Longuet, laquelle a pour seul objet de déguiser en "phase de test grandeur nature" le lancement de la méga-poubelle nucléaire et d'accélérer le chantier, l'Etat envoie la force publique comme seule réponse, attisant encore plus les inquiétudes et colères légitimes de milliers d'habitant-es et d'opposant-es.

Dans un tel contexte, la résistance à Cigéo ne peut que se renforcer sur le terrain et se fera entendre aussi ce week-end à Notre Dame des Landes.
Conférence de presse à la maison de BURE à 10h30.

Un appel est lancé à venir et/ou revenir en nombre sur le terrain.
Rendez-vous dès demain vendredi 8 juillet à 6h à Bure pour bloquer les travaux et reprendre la forêt !
Rendez-vous week-end du 9 & 10 juillet, : week-end forêts en résistance
16 et 17 juillet : grand rassemblement « Barricade contre la poubelle atomique Cigéo/Bure et le nucléaire
»
Voir le communiqué : Violente expulsion du bois de Mandres

CONTACTS : 06 77 04 78 76 - 06 22 05 09 24

+++ Communiqué des occupamntEs +++++

Communiqué de presse (7 juillet à 7h30) – Violente expulsion du bois de Mandres occupé : à quand un convoi d’opposant-e-s pour expuler la Préfecture et l’ANDRA ?

Ce matin jeudi 7 juillet à 6h, alors même que la Préfecture lance l’évacuation de la forêt occupée par surprise avec un gigantesque dispositif de gendarmes, un convoi d’occupant-e-s de la forêt et d’opposant-e-s se serait mis en route vers la Préfecture de Meuse et l’ANDRA pour en expulser ses occupant-e-s sans droit ni titre !

L’Agence pour la Gestion des Déchets Radioactifs occupe maintenant illégalement la Meuse et la Haute-Marne depuis 20 ans, à coup de subventions, de colonisations des terres et des consciences, de propagande pédagogico-culturelle, de peurs et d’intimidations sur celles et ceux qui veulent résister, et d’une politique de travaux en fait accompli pour faire accompagner un projet de poubelle nucléaire qui n’a encore aucune existence légale.

Depuis mai 2016, l’ANDRA avait aggravé son cas en occupant illégalement la forêt communale de Mandres-en-Barrois, accaparée en juillet 2015 au terme d’un échange absurde contesté par de nombreux-euses habitant-e-s du village, et un recours administratif (non suspensif). Elle y a commencé des travaux de déboisement, défrichements, et forages illégaux, contestés par une plainte pour infraction au code forestier déposée le 22 juin 2016. Un convoi d’opposant-e-s avait décidé de mettre en oeuvre sa propre ordonnance d’expulsion, décidés dans des AGs du mouvement, lors d’une joyeux pique-nique familial le dimanche 19 juin, qui a libéré la forêt de ses barbelés, de ses vigiles, et donc du joug de l’ANDRA.

Depuis plus de deux semaines, la forêt revivait et respirait au rythme des balades, chantiers de construction, journées festives et autres grandes assemblées près du préau de 50m reconstruit là où les engins de saccage avait déjà déboisé et terrassé une plateforme de chantier. Jeudi 7 juillet à 6h, la Préfecture a envoyé un énorme dispositif de gendarmes mobiles et CRS pour expulser les occupant-e-s du bois. Alors même que, deux jours plus tôt, une délégation de 3 opposant-e-s rencontrait la Directrice de cabinet du Préfet de la Meuse, studieuse et polie, qui les avait reçu en faisant mine de n’être au courant de rien. « Ah bon, vous venez parler de la forêt occupée ? Je croyais que vous veniez pour l’affaire des tags à Bar-le-Duc ? ».

Les occupant-e-s  avaient posé les choses très clairement en expliquant que c’était bien l’ANDRA qui occupait illégalement le bois Lejuc, que de multiples procédures juridiques étaient en cours (recours contre la délibération de l’échange du bois depuis décembre 2015, plainte pour infraction au code forestier depuis le 22 juin 2016, assignation en référé pour contester l’ordonnance d’expulsion depuis début juillet 2016)  que des personnes très différentes y passaient et y dormaient souvent, dont des enfants, et que par conséquent la Préfecture porterait toute la responsabilité en cas d’intervention. « Je prends des notes et je fais remonter » a conclu l’hypocrite fonctionnaire.

Cerise sur le gâteau, mercredi 6 juillet, la veille de la procédure d’évacuation, l’audience de l’assignation en référé pour contester l’ordonnance d’expulsion s’est tenue au tribunal de grande instance de Bar-le-Duc à 9h30. Un dossier conséquent avait été préparé par un des avocats du mouvement. L’ANDRA a demandé le report de l’audience à la semaine prochaine, 13 juillet, pour mieux préparer sa défense. Report « non suspensif », qui n’a pas empêché la Préfecture de déclarer la guerre, jeudi 7 juillet à l’aube, à toutes celles et ceux qui tiennent à cette forêt, qui l’occupent, qui y passent, qui habitent à proximité, toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à un futur en forme de désert nucléaire et social. C’est la première fois en 20 ans qu’un tel déferlement de violence s’abat sur la zone que l’ANDRA colonise sans vouloir faire de vagues. Elle qui se targue de porter un « projet de territoire » en « concertation » avec la population, a visiblement une bien curieuse conception du dialogue.

Nul doute que dans la journée, des communiqués circonstanciés des matraqueurs assermentés et encravatés chercheront à noyer le poisson en condamnant la « violence des occupant-e-s », qui seront probablement « cagoulés », et qui auront probablement lancés des « pierres » ou autres. Mais plus personne n’est dupes : les masques tombent, et pour la première fois en 20 ans l’agence montre son vrai visage d’occupante militaire et policière du territoire. Ce n’est que le début : c’est bien l’ANDRA qu’il faudra expulser du territoire par une diversité de moyens.

Ils auront beau expulser une première fois la forêt, nous avons toujours dit que nous reviendrons encore plus déterminé-e-s. Il y a besoin d’un maximum de monde sur place, ce qui se passe en ce moment à Bure est déterminant pour la suite de la résistance à l’infâme projet de l’ANDRA et de l’Etat.

  • D’autres rendez-vous suivront.

Infos : vmc.camp/fil-info  / vmc.camp / burestop.eu / burezonelibre.noblogs.org

La lettre de soutien d’associations du mouvement : Toutes et tous uni-e-s et solidaires !

Contact : sauvonslaforet@riseup.net    /  Tel (médias) 07 58 65 48 89    Tel (infos relais urgence) 07 58 13 18 61